Si vous êtes résident fiscal français, les loyers de votre bien à Dubaï doivent être déclarés en France. La convention fiscale signée entre la France et les Émirats arabes unis le 19 juillet 1989 vous accorde toutefois un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant à ces loyers. Concrètement, ils ne supportent pas d'impôt sur le revenu en France.
Ils ne sont pas pour autant invisibles : ils entrent dans le calcul du taux d'imposition appliqué à vos autres revenus. C'est la méthode dite du taux effectif.
Ce que prévoit la convention
Deux articles de la convention organisent l'imposition de vos loyers.
L'article 5 pose le principe : les revenus qu'un résident d'un État tire de biens immobiliers situés dans l'autre État sont imposables dans l'État où se trouve le bien. Vos loyers de Dubaï sont donc imposables aux Émirats, qui ne les taxent pas pour un particulier.
L'article 19, paragraphe 1, règle ensuite la situation côté français. Les revenus positifs provenant des Émirats sont également imposables en France, mais le bénéficiaire a droit à un crédit d'impôt. Pour les revenus immobiliers, ce crédit est égal au montant de l'impôt français correspondant à ces revenus.
L'effet concret : le taux effectif
Le mécanisme se déroule en trois temps :
- Vos loyers de Dubaï sont ajoutés à vos autres revenus pour calculer l'impôt du foyer.
- L'administration calcule la part de cet impôt qui correspond aux loyers de Dubaï.
- Cette part vous est restituée sous forme de crédit d'impôt.
Le résultat équivaut à une exonération des loyers, mais avec une conséquence : comme ils augmentent le revenu total pris en compte, ils peuvent relever le taux moyen appliqué à vos revenus français. L'administration le résume ainsi : ces revenus sont « simplement pris en compte afin de déterminer le montant d'impôt sur le revenu dû au titre des revenus de source française ».
Comment les déclarer
Les loyers de Dubaï se détaillent d'abord sur la déclaration n° 2047, consacrée aux revenus de source étrangère, puis se reportent sur la déclaration de revenus.
- Location nue au micro-foncier : loyers bruts en case 4BE, avec vos éventuels loyers français, et la part de Dubaï ouvrant droit au crédit d'impôt en case 4BK.
- Location nue au régime réel : calcul sur la déclaration n° 2044, résultat en case 4BA, et revenu net de Dubaï ouvrant droit au crédit d'impôt en case 4BL.
- Location meublée : revenus ouvrant droit au crédit égal à l'impôt français sur la déclaration n° 2042 C PRO, cases 5EY, 5FY ou 5GY selon le membre du foyer, après abattement si vous relevez du micro-BIC.
Les montants perçus en dirhams sont déclarés en euros.
Et les prélèvements sociaux ?
La réponse est favorable, et elle repose sur des textes précis.
L'article 2 de la convention prévoit qu'elle s'applique aussi aux impôts de nature identique ou analogue créés après sa signature. L'administration fiscale considère que la CSG et la CRDS sont assimilées à l'impôt sur le revenu pour l'application des conventions (BOI-INT-DG-20-20-100, § 110). Le Conseil d'État a jugé, le 14 avril 2022 (n° 445943), que les contributions sociales assises sur des revenus soumis à l'impôt sur le revenu entrent dans le champ d'une convention comportant cette clause, même lorsqu'elles ont été créées après sa signature.
Le crédit d'impôt égal à l'impôt français s'étend donc, selon ces textes, aux prélèvements sociaux dus sur vos loyers de Dubaï. Si votre avis d'imposition fait apparaître des prélèvements sociaux sur ces loyers, une réclamation peut s'appuyer sur ces références.
Ce qui ne suit pas la même règle
Le crédit égal à l'impôt français vaut pour les loyers. Deux autres situations obéissent à des règles différentes :
- La plus-value à la revente relève de l'article 11 de la convention. Le crédit y est limité à l'impôt payé aux Émirats, ce qui change tout. Voir notre réponse sur la plus-value à la revente d'un bien à Dubaï.
- La transmission est l'un des points forts de la convention : selon l'article 17, les biens immobiliers ne sont soumis à l'impôt sur les successions que dans l'État où ils sont situés, et l'article 19, paragraphe 4, exonère d'impôt français les biens successoraux imposables aux Émirats, la France conservant le droit d'en tenir compte pour le taux.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer en France les loyers d'un bien à Dubaï ?
Oui. Un résident fiscal français déclare ses revenus mondiaux. Les loyers de Dubaï se détaillent sur la déclaration n° 2047 puis se reportent sur la déclaration de revenus, en cases 4BE et 4BK au micro-foncier, ou 4BA et 4BL au régime réel.
Paie-t-on de l'impôt sur le revenu en France sur des loyers de Dubaï ?
Non, en principe. L'article 19 de la convention franco-émirienne de 1989 accorde un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant à ces loyers. Ils sont toutefois pris en compte pour calculer le taux appliqué à vos autres revenus.
Les prélèvements sociaux sont-ils dus sur des loyers de Dubaï ?
Selon la doctrine administrative (BOI-INT-DG-20-20-100, § 110) et l'arrêt du Conseil d'État du 14 avril 2022 (n° 445943), les contributions sociales entrent dans le champ d'une convention qui vise les impôts de nature analogue, ce qui est le cas de la convention franco-émirienne. Le crédit d'impôt égal à l'impôt français s'étend donc à ces prélèvements.
Textes de référence
- Convention fiscale France Émirats arabes unis du 19 juillet 1989, modifiée par l'avenant du 6 décembre 1993 (impots.gouv.fr)
- Imposition des revenus de source étrangère (impots.gouv.fr)
- Notice de la déclaration 2047, revenus 2025 (impots.gouv.fr)
- BOI-INT-DG-20-20-100, méthodes d'élimination des doubles impositions, § 43 et § 110 (BOFiP)
- Conseil d'État, 14 avril 2022, n° 445943, contributions sociales et conventions fiscales (commentaire Deloitte Société d'Avocats)
Ces réponses présentent les règles applicables aux revenus 2025 déclarés en 2026, pour un résident fiscal français. Elles ne tiennent pas compte de votre situation personnelle, que nous analysons en détail lors de l'audit.